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[Actu] Julien Gracq, mort d'un géant discret

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Mimi
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MessageSujet: [Actu] Julien Gracq, mort d'un géant discret   Lun 24 Déc 2007 - 18:28

Au bout d'une carrière littéraire toute de recherche et de profondeur, loin des flashes des photographes qui l'avaient un temps traqué à l'époque de la controverse du prix Goncourt, Julien Gracq est décédé samedi à Angers. Il avait 97 ans. L'auteur notamment du Rivage des Syrtes et des Eaux Etroites avait été hospitalisé en début de semaine après avoir eu un malaise à son domicile de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire), où il vivait retiré depuis de nombreuses années. François Fillon a salué après l'annonce de sa disparition "un auteur complet", "une figure phare". Pour Nicolas Sarkozy, il était "l'un des plus grands écrivains français du XXe siècle", qui, "loin des modes et des cercles mondains, a construit une pensée originale et une oeuvre puissante". Quant à François Bayrou, président du MoDem - et agrégé de Lettres - il a salué en Julien Gracq "un des plus grands écrivains du dernier demi-siècle" dont l'oeuvre était "comme un signe de reconnaissance entre les esprits et les générations".

Homme secret et rétif aux honneurs, Julien Gracq avait refusé le prix Goncourt en 1951 pour son chef d'oeuvre Le rivage des Syrtes. Mais il avait cependant accepté d'entrer en 1989 dans la prestigieuse collection de Gallimard, la Pléiade. Jamais édité en poche, ses textes n'avaient connu que des tirages limités, ce qui ne l'avait pas empêché d'acquérir un immense prestige auprès d'un public lettré.

Comment Louis Poirier devint Julien Gracq

Né le 27 juillet 1910 à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire), Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier, étudie à l'Ecole normale supérieure et à Sciences-po et obtient son agrégation d'histoire et de géographie. Il écrit tout en enseignant dans des lycées de Quimper, Nantes, Amiens et Paris. Il a choisi le nom de Gracq pour de simples "raisons de rythme et de sonorité". En 1938, il présente en vain le manuscrit de Au château d'Argol à la NRF (Gallimard). Il s'adresse alors à l'éditeur et libraire José Corti, à qui il restera fidèle durant toute sa vie. En 1939, après avoir rencontré André Breton, chef de file du surréalisme, il devient un compagnon de route du mouvement dont il s'éloigne cependant assez vite.

Avec une perfection de style frisant parfois la préciosité, il était pamphlétaire dans La littérature à l'estomac (1950), où il stigmatisait les moeurs littéraires, poète dans Liberté grande (1947), critique dans Préférences (1967), nouvelliste dans La presqu'île (1970) et, bien sûr, romancier dans Un beau ténébreux (1945) ou Un balcon en forêt (1958). Il était aussi l'auteur de En lisant, en écrivant (1981) ou La forme d'une ville (Nantes) (1985).

Un balcon en forêt, Le roi Cophetua - une des trois nouvelles composant La presqu'île - et Un beau ténébreux ont été adaptés au cinéma respectivement par Michel Mitrani, André Delvaux et Jean-Christophe Averty. De très nombreux ouvrages savants sont parus sur son oeuvre, traduite en plusieurs langues.


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